PLUME LIBRE ET CITOYENNE DE DAH ZOGBA
- Publié le juin 01, 2026
- CHRONIQUES
- par AGUIDI Gildas Jean Claude
Après sa résurrection, le ministère de la communication doit tout mettre en place avant de pouvoir évoluer sur le terrain. En réalité, le premier problème auquel doit faire face la détentrice de ce secteur est la non-disponibilité de budget , car c'est un département qui n'existait pas au moment de l'adoption de la loi des finances. Il revient donc au ministre de développer les gymnastiques possibles ou de faire les acrobaties probables en attendant l'année 2027 où les choses commenceront par fleurir.
L' autre handicap à un rapide décollage du ministère de la communication, c'est l'absence d'un décret AOF ( Attributions, organisation et fonctionnement) qui doit tracer l'architecture institutionnelle ou encadrer la configuration technique du ministère.
En réalité, pour avoir longuement servi au gouvernement avant de devenir Chef d'État, Son Excellence Romuald WADAGNI a compris que le Bénin a réellement besoin d'un ministère de la communication pour s'occuper des médias. La HAAC existe déjà : certes. Mais, la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication reste une institution républicaine donc ne pouvant aucunement prendre des engagements formels en faveur du monde de la presse. Elle peut juste rendre des décisions. Question : l'existence d'un Conseil supérieur de la magistrature a-t-il empêché la création d'un ministère de la justice ? Et pourquoi voulait-on que la présence d'une HAAC exclut ou annule le ministère de la communication ?
C'est déjà heureux que ce vide soit désormais comblé grâce au décret 2026-314 du 24 mai 2026 portant composition du gouvernement qui au point 20 mentionne : Ministre de la communication, en charge des médias ( MCM) ... Madame Aurélie Adam SOULÉ épouse ZOUMAROU .
A vrai dire, la suppression du ministère de la communication étant une erreur monumentale dans un pays où le développement des médias et l'extension de la téléphonie mobile restent encore des défis, la réouverture de ce portefeuille traduit une nouvelle vision quant à la question des technologies de l'information et de la communication. Pendant cinq (05) ans, ce département gouvernemental a surtout manqué aux professionnels des médias qui se sont sentis oubliés par un gouvernement qui a accordé une priorité à la promotion de l'écosystème numérique au détriment des entreprises de presse traditionnelles ou conventionnelles.
Même si des pays font l'option de ne pas disposer d'un ministère de la communication, le Bénin ne peut pas encore s'adonner à cet abus car il s'agit d'un pays d'une densité médiatique croissante avec pour conséquence des problèmes de la situation sociale des journalistes ( l'octroi et le suivi des avantages de la carte de presse), la promotion de la coexistence entre le secteur privé et le service public des médias ( la veille à la concurrence ruineuse). Ces exemples qui justifient la nécessité ou la présence d'un ministère de la communication viennent également confirmer le besoin pour les médias d'avoir un répondant permanent ou un facilitateur au sein de l'exécutif.
Pour le reste, il faut souhaiter une collaboration harmonieuse et fructueuse entre le ministère de tutelle et l'instance de régulation des médias qui par le passé vivaient des conflits de compétences autour des questions essentielles comme l'aide de l'État, l'attribution des fréquences, la désignation des responsables de médias de service public.
Médice AGBEHOUNKO alias DAH ZOGBA. Journaliste de formation - Diplômé en presse écrite. Chroniqueur du peuple / Lundi 1er juin 2026.